Bernabot épisode 4

C’est avec beaucoup d’émotion que Bernard ouvrit pour la première fois la portière de la voiture de fonction, une peugeot qui à vrai dire, ressemblait plus à un char de la guerre de 14 qu’à une 206, mais il s’agissait bien d’une 206. George demanda à l’inspecteur « Etes vous en état de conduire ? ». Bernard se figea, après tout il avait l’habitude de conduire bourré, d’ailleurs il n’a jamais conduit sobre, mais pour le travail il hésitait, avant de finalement répondre « En tout cas je pense l’être plus que vous ! ». Ils s’assirent dans la voiture.

Après de multiples tentatives, Bernard inséra la clé dans le contact, là tourna, et la voiture démarra, apparemment elle fonctionne, mais le moteur faisait tout de même un bruit étrange. Bernard dit alors :

-George, vas voir sous le capot si il y a pas un truc qui cloche !

-Le caporal ?

-Non, le capot de la voiture abruti, il fait un bruit comme j’en avait jamais entendu avant des concerts de metal industriel allemand.

-Ha mais ne vous en faite pas, c’est une voiture française, c’est normal que ça fasse un bruit d’hélicoptère.

-Si tu le dis.

Ils partirent vers leur destination, Bernard se demandait pourquoi ils n’arrêtaient pas d’alterner entre tutoiement et vouvoiement, et George quant à lui ne pouvait s’empêcher de penser à… rien. Après les 20 minutes nécessaires pour parcourir les 500 mètres qui séparent le commissariat et le domicile en détresse, Bernard arrêta le véhicule en calant comme il avait l’habitude de la faire. C’était le boulanger du village qui les attendait dans le jardin. George descend du véhicule et part l’interroger.

-Que s’est-il passé ? Demanda-t-il.

-C’est terrible ! Criait le boulanger ; ma femme a été assassinée !

-D’accord.

George retourna à la voiture et fit un compte rendu de la situation :

-Il s’est passé un truc avec sa femme, mais j’ai pas compris quoi, je crois qu’il a dit qu’elle avait dessiné ou un truc comme ça.

-Ho putain ! Dit Bernard qui avait tâché une fois de plus son pantalon, cette fois-ci avec l’encre de son stylo plume, qui fort heureusement n’était pas un Mont-Blanc, mais un Mont-Poisson.

Ils descendirent de la voiture et le boulanger les conduits dans le garage où gisait le corps de la défunte. Trop affecté par cette histoire il se retira et laissa les agents enquêter seuls, ce qu’il ne savait pas c’est qu’il aurait plus vite fait de mener l’enquête lui-même compte tenu de l’état lamentable des policiers.

La femme était âgée de 90 ans, mesurait 53 centimètres et pesait 150 kilos… Euh pardon, elle avait 53 ans, mesurait 150 centimètres pour 90 kilos, décidément ce village est peuplé d’obèses. Bernard fit le constat suivant « Soit elle est morte accidentellement, soit elle a été assassinée, soit elle s’est suicidée, soit elle est morte de vieillesse, soit elle dort ».

Cependant, la dizaine de marques de coups de poignards dans son ventre fit émerger une sixième hypothèse du cerveau imbibé d’alcool de George « Peut-être qu’elle est masochiste et s’est donnée bêtement la mort en voulant se donner du plaisir avec un couteau. ». A ces mots Bernard ajouta « On est pas dans la merde ». Et effectivement, ils étaient pas dans la merde…

A suivre…

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