Metallica – les années 2000

Une nouvelle fois le groupe perd son bassiste, mais d’une façon beaucoup moins tragique, ça a du se dérouler à peu près comme ça :

« Ho et puis vous me faites chier, je me barre »

Jason Newsted

Dommage, j’aimais bien ce type, le meilleur bassiste de l’histoire du groupe, oui Trujillo, bien qu’il ait un style n’apporte rien au groupe puisque son style il ne l’utilise pas, et Burton, désolé pour les fans, mais on a le droit de ne pas apprécier, j’irai pas dire que c’est un mauvais bassiste, mais disons que c’est un guitariste 4 cordes, les solos qu’il faisait parfois en live ne me captivaient pas, alors que Newsted avait plus un jeu propre et surtout une putain de voix ! Si vous avez écouté le Live Shit, vous reconnaîtrez qu’il éclate Hetfield à plate couture sur les parties chantées de Whiplash, et on arrive au principal problème des années 2000, le chant, ils auraient du garder Newsted et le mettre au chant. Sur Load et Reload, ça ne choque pas finalement car c’est une musique qui correspond à la voix de Hetfield, mais il faut arrêter de faire chanter ce type sur du thrash ou n’importe quelle autre forme de metal, ça ne passe pas, et c’est bien là le plus gros reproche que je ferais à St Anger… Non attendez, je reformule, c’est le seul reproche que je ferais à St Anger, voilà, comme ça ça va en embêter plus d’un.

Sur cet album le groupe rend hommage à la ville d'Angers chère à son cœur

Sur cet album le groupe rend hommage à la ville d’Angers chère à son cœur

Si Load et Reload divisent, St Anger est assez unanimement méprisé, et mon dieu comme les gens ont tord (je reste content de voir qu’une communauté apprécie ce disque). Bon je commence par les points négatifs, et je l’ai déjà évoqué, mais le chant ne passe pas ! Ca fait mal à des moments, déjà sur Frantic j’ai envie de proposer à James des bonbons pour la gorge, mais ça ne s’améliore pas sur la suite, au contraire, sur certains morceaux sa voix est carrément ridicule, toute fois le bon côté c’est qu’Hetfield y met vraiment tout son cœur . Je sais qu’on ne pourra plus rien y faire maintenant, mais j’aurais été vraiment curieux d’écouter cet album avec Newsted au chant… A part les approximations vocales, la batterie fait parfois défaut, le son de la batterie n’est pas dérangeant en lui même, je vais y revenir dans 2 minutes (après ça dépend de votre vitesse de lecture en fait) mais elle aurait gagné à avoir des toms plus graves, plus profonds, les morceaux sont assez lourds et les guitares désaccordées vers les graves, c’est dommage que la batterie ne suive pas cette logique, mais ça créé un décalage pas inintéressant, ce qui me gène plus c’est le jeu de batterie en général, certains passages sont trop bateau ou trop mous, sur un album comme ça il faut de la puissance, il faut que ça cartonne, et il suffit pas d’aller vite pour ça, mais bon, il est trop tard pour aller donner des cours de batterie à monsieur Lars, dommage…

Ok, maintenant ce qui est bien dans cet album. Déjà on reproche au groupe de ne plus faire de solos… Mais c’est génial ! Bon, peut-être que certains aiment qu’il y ait des solos de temps en temps, mais moi je suis tellement heureux qu’ils aient viré ces 30 secondes de musique où finalement rien ne se passait… Certes, ils ont remplacé ça par du chant, c’est vrai que c’est pas une si bonne nouvelle que ça. Ensuite le fameux son de la batterie du quel il est d’usage de dire que la caisse claire est trop aiguë et que certains n’ont pas réussit à écouter l’album à cause de ça… Quelle excuse de merde, m’enfin bon, toujours est-il que cette caisse claire est très particulière, c’est vrai, mais en soit ça n’a rien de mal, c’est juste qu’on a pas l’habitude d’entendre ça, après une caisse claire  »standard » ça passe mieux, c’est évident qu’ils n’ont pas lancé une mode. En revanche c’est bien joué parce que c’est une certaine prise de risque de faire un truc aussi gros qui peut potentiellement flinguer un disque, pour être honnête ça aurait été mieux qu’ils enregistrent avec une autre batterie, mais ça passe quand même et du coup on a ce décalage entre les guitares qui envoient du lourd et la batterie qui contraste.

Un autre point sur la longueur des morceaux : c’est pas dérangeant.

J’ai pas envie de développer plus, de toute façon les gens savent pas ce qu’ils veulent. Donc ça c’était les 3 principales critiques adressées au disque, à savoir, solos, batterie, longueur, ça ne me pose aucun problème, je ne pense pas être seul, ensuite pour le style, ils empruntent une direction plus neo-metal, du coup ça va pas plaire à tout le monde, et ça va même en faire hurler certains, mais il y a un côté  »garage » qui ne s’était pas entendue depuis très longtemps dans le groupe, depuis Kill Em All à vrai dire… Tu le sens le troll bien puissant ? Blague à part, c’est vrai que c’est particulièrement direct comme album, les riffs sont bien foutus et écrasent tout sur leur passage, il n’y a aucune subtilité, mais ça marche, la magie opère, on sent vraiment un groupe uni qui joue ensemble en mode destroy. En plus de ça on a droit à de petites accalmies généralement faites avec des arpèges, et les riffs heavy joués en clean.

Le résultat est un album vraiment énervé et agressif, assez simple qui prend au tripes, même si la voix peut être insupportable par moments, et c’est vraiment dommageable, toujours est-il qu’Hetfield y met du sien. Si vous n’avez pas été convaincu par l’album et ne l’avez plus jamais écouté, allez jeter une oreille sur Some Kind of Monsters, morceau qui reflète particulièrement bien le ressentis général de l’album avec les meilleurs riffs. Ici vous comprendrez que je ne fasse pas d’analyse morceau par morceau, les morceaux ne sont pas assez différentiable, c’est pas très intéressant.

Bon, je le dis ou pas ? Non, quand même je risquerait vraiment de me faire des ennemis si je dis que St Anger est meilleur que le black album… Du coup je le dis pas.

Puis vient une absence assez longue qui sera compensée par l’album le moins stimulant du groupe, un retour au sources avec un album résolument plus thrash, et c’est un album qui n’était pas prévu pour faire plaisir au groupe, mais aux fans… Ironie quand on voit à quel point ça n’a pas marché. N’était pas fan de thrash je peux tirer facilement dessus, mais comparer les débuts du groupe avec Death Magnetic c’est carrément infaisable, tellement ça n’a aucun rapport, on dirait qu’ils ont voulu compenser la composition par le mix, en gros pour que l’album ait l’air bien violent au lieu de composer des morceaux énervés en eux mêmes, ils utilisent l’astuce de 80% des groupes de metal actuels, qui est d’avoir une production massive, pour que n’importe quel riff que tu joues soit ultra puissant, dans un sens ça marche, quand t’as un gros son t’es content, seulement ça s’entend si le groupe joue n’importe quoi derrière…

Mais dis donc Jamie ?! Comment ça se fait que la mort soit magnétique?

Mais dis donc Jamie ?! Comment ça se fait que la mort soit magnétique?

Commençons par les morceaux inutiles, sérieusement, vous connaissez des gens qui écoutent My Apocalypse ou the Judas Kiss, ce sont des morceaux qui sont là juste pour faire joli et pour dire à la sortie de l’album  »regardez comment les titres de nos morceaux sont contestataires » seulement on s’en bat les fouilles des paroles, tu peux raconter la dernière fois que t’as acheté du pain d’épices à auchan, ça changera rien au fait que c’est pas un album de thrash. De toute façon le son est trop fort, je sais pas si c’est mes baffles qui déconnent, mais j’ai pas besoin de descendre le volume pour éviter les grésillements, on dirait qu’il voulaient tellement nous défoncer le cul qu’ils ont utilisé toutes les astuces au rabais, mais bon, c’est pas comme si Kirk recommençait à faire des solos de thrash… Ho merde, c’est vrai… Bon, alors comment s’en sort-il après 20 ans sans avoir enregistré un solo de thrash ? Ben c’est de la merde. Il se contente de jouer en boucle 4 notes super vite, faire des bends, et quand il a vraiment la flemme il passe à la wha-wha, et putain qu’est-ce qu’il a eu la flemme sur cet album !

Bon, ça c’était les morceaux pourris, pour les morceaux moyens, on a The end of the line, That Was Just Your Life, Broken Beat & scared, et cyanide. Ils ne sont pas franchement marquants, mais ont le mérite de bien remplir leur tâche avec plus ou moins de brio, si ces deux premiers sont un peu faciles en terme de composition, Broken Beat & Scared est un morceau vachement technique pour le groupe, ça change de d’habitude on va dire. Avant de parler des bons morceaux faisons un détour par The Day That Never Comes qui montre parfaitement que les horsmen ne se sont pas foulés le cul, ils ont balancé la vielle arpège de l’accord mineur pour faire une intro calme, puis pour faire la transition avec la partie bourrin ils ont juste calé l’intro de the trooper… C’est pas comme si c’était discret qu’ils pompaient honteusement un autre morceau et que morceau soit d’Iron Maiden, un groupe pas connu du tout puisque même Norman fait des vidéos l’a sur son putain de T-shirt. Merde, qu’est-ce qu’il leur est passé par la tête, ils ont décidé de regarder des podcast français au moment d’enregistrer, c’est leur producteur qui a écrit les morceaux, ou peut-être que Hetfield n’a jamais entendu parler d’Iron Maiden de sa vie ? Jusqu’à présent j’ai pas trouvé de réponse, en tout cas ça se sent que c’est un peu le morceau enregistré exprès pour pouvoir faire une promo qui plaise à tout le monde, en tout cas rien de ce morceau ne suscite aucune émotion, c’est froidement interprété, composé avec le cul, bref si vous aimiez ce morceau arrêtez tout de suite.

Vous ne me croyez toujours pas? C'est un complot vous dis-je, un complot!

Vous ne me croyez toujours pas? C’est un complot vous dis-je, un complot!

Ouf, heureusement quelques bons morceaux tirent leur épingle du jeu, c’est le cas de All Nightmare Long, seul morceau thrash valable parce que les musiciens sont vraiment soudés, ça avance très rapidement, et le fait que le morceau soit long rend le tout particulièrement éprouvant, du coup c’est assez sympa, mais LE morceau qui vaut la possession de l’album à lui tout seul (j’avoue c’est pas du tout pour ça que je l’avais acheté), c’est The Unforgiven III, qui va me permettre une fois de plus de cracher sur la version du black album, et ce troisième opus est encore meilleur que le second, et encore une fois ils ont voulu faire une rupture avec les ambiances des autres morceaux, ils en sont pas encore à faire un Unforgiven en thrash, mais ça évolue, ils ont abandonné l’intro classique, pour mettre une intro classique… Mais écoutez pour comprendre aussi. Malheureusement il y a trop de basse cette fois, c’est un comble quand même ! Tant pis, le morceau reste excellent les arrangements de piano et violons sont superbes bien que je doute que le groupe ne se soit cassé le cul à écrire une seule note de ces pistes. Enfin parlons de Suicide & redemption dont le titre ne sert qu’à faire joli et attirer le public thrash, puisque le morceau est entièrement instrumental et ne donne pas envie de se suicider (contrairement à Lulu). C’est plutôt sympa de voir le groupe renouer avec leur tradition de faire un morceau instrumental par album, comme au bon vieux temps certains diront, même si le morceau n’est pas très original et ne va pas plus loin que ses copains instrumentaux, ça reste de la bonne (mais le solo est vraiment merdique, merci Kirk).

La mort magnétique n’aura pas enchanté grand monde, les fans de la première heure sont de toute façons trop occupés par les 3 précédents albums du groupe pour approuver ce disque, et les autres trouveront que globalement c’est trop forcé, ils veulent avoir l’air jeune et en bonne santé, mais ils n’avaient pas envie de sortir ce disque, on sentait de la vie sur Load, mais là c’est très froid et mécanique, et le thrash est une musique qui laisse peu parler les émotions, l’interprétation ne change pas grand chose, donc ça camoufle un peu le manque d’inspiration, mais ça n’est pas suffisant, et il faut se faire à cette idée, Metallica n’est plus un groupe de thrash, arrêtons d’attendre qu’il nous sortent un Master of Puppets bis, ça n’aurait aucun intérêt, et de toute façon, la majorité du public metal est tellement aveuglé par une vision négative du groupe que même s’ils sortaient un album du calibre de MOP, peu de gens estimeraient le disque à sa valeur.

Et finalement ce qui va confirmer la direction qu’emprunte le groupe, c’est Lulu. Alors qu’on soit clair, Lulu n’est pas un album de Metallica, c’est une collaboration, et je ne dis pas ça parce que je suis un fan gnia gnia gnia, non, si l’album avait été excellent ça aurai été une collaboration quand même. Je le reconnais, je n’ai pas écouté l’album dans son intégralité, mais ce que j’ai écouté ne m’a pas plu, comme beaucoup d’entre vous, et je ne pense pas avoir besoin de l’écouter dans le cadre de cette chronique, donc désolé, mais la review c’est pas pour aujourd’hui, en revanche ce disque va me servir dans la quatrième partie.

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