Sauvez la démocratie : ne votez pas

Puisque je me suis déjà longuement étendu sur le sujet lors d’un précédent article et vu que ces élections prennent une tournure des plus pathétiques, je me suis dit que c’était pas la peine d’en rajouter une couche… Et puis finalement si, je fais ce que je veux, c’est mon site.

Revenons donc sur quelques points qui côtoient les sommets de la stupidité que j’ai pu lire et entendre un peu partout concernant les élections à venir. Puis j’expliquerai ce à quoi ressemble mon idéal démocratique, afin que je ne passe pas juste mon temps à critiquer les choses depuis mon siège sans faire l’effort de me déplacer aux (b)urnes sans rien proposer.

Le jeu du FN :

Sincèrement je n’arrive pas à croire que je doive rédiger un paragraphe sur ce point… Mais soit, allons-y. Faire le ‘‘jeu du FN’’, c’est voter pour eux, c’est tout, s’il y a une chose à savoir, c’est que pour remporter une élection, il faut avoir des voies pour sa cause, si les gens ne vont pas voter, le FN n’a pas de voies (mathématiques niveau CP. Ça va, vous suivez toujours ?). Bon, en incitant les gens à voter, mathématiquement il y a une part qui va aller voter FN (50%, 30% ?), donc en incitant les abstentionnistes à aller voter, vous gonflez le score du FN, faut bien comprendre que si les gens ne vont pas voter, c’est parce qu’il y a une raison derrière, et quand un parti ne propose rien, mais critique le système en place, ben c’est lui qui va le mieux s’attirer les faveurs des abstentionnistes.

Donc, voter contre un candidat ou voter pour le moins pire, ça ne s’appelle pas un choix, ni une démocratie, ça s’appelle une contrainte, ça s’appelle un système qui exploite les faiblesses des gens. À l’heure où le débat démocratique bat de l’aile, quoi de mieux que de mettre en tête d’affiche des candidats inédits issus de partis qui étaient minoritaires dans l’horizon politique ? Avec ça on est sûr d’avoir de la participation (puisque les gens ont peur que les bulletins FN se multiplient miraculeusement dans l’urne à cause des ondes télépathiques de Jeanne d’Arc), et que, comme on s’est déjà fait à l’idée que les cinq prochaines années allaient être pourries, on ne sera pas déçus, et on est déjà prêt à recevoir la politique qui nous attend, c’est pas magnifique ?! On est déjà en train de catalyser les potentielles révoltes et manifestations grâce à l’argument des urnes.

Le jeu de la démocratie :

Dans le précédent article (en tout cas dans la vidéo), j’expliquais en quoi notre démocratie était une démocratie bourgeoise (issue d’une révolution bourgeoise), et que les gens qui sont ‘‘morts pour le droit de vote’’ c’est une belle connerie qu’il faut arrêter de répéter à toutes les sauces. Maintenant on se retrouve avec une démocratie fantoche où le peuple n’a qu’un rôle consultatif, il n’a en aucun cas la puissance ni le pouvoir, la preuve en est : dans une démocratie, le pouvoir appartient au peuple, donc si le peuple s’abstient, la démocratie n’avance pas et la politique s’arrête, dans notre système actuel, si 10% des électeurs vont voter, la vie politique va continuer, c’est bien la preuve que le système politique peut continuer avec ou sans peuple… En gros, on a une démocratie qui peut perdurer sans peuple, vous trouvez pas ça génial sans déconner ? Moi je trouve ça fabuleux, de la démocratie sans démos.

Au-delà de ça, on nous incite à voter pour des Hommes, des êtres faillibles qui ont des intérêts, des vices, et qui se servent des suffrages pour seule légitimité, alors qu’en réalité, ils ne sont pas à même de régler vos problèmes, et ils n’en ont pas l’intention, au mieux un politicien est intéressé par une sorte de réussite économique d’un pays où je ne sais quelle connerie, comme si notre vie dépendait de l’économie, alors qu’en réalité c’est l’inverse. Et quand on comprend que tous, mais absolument tous les raisonnements politiques sont fondés sur des cheminements de pensées erronés comme celui-ci, on se rend compte que la politique est peine perdue.

Et donc, par la peur du FN, on va voter bien sagement pour Macron… Ça aussi je l’ai déjà dit, mais admettre que l’arrivée au pouvoir d’une seule personne va changer votre vie, ça veut dire qu’on est pas en démocratie, et un système qui n’est pas démocratique, on l’entretient en participant au vote ou on y renonce ? Aucun candidat n’en a quelque chose à branler de vous, que vous soyez là où non, ça ne change rien, ils agissent tous pour le ‘’peuple’’ cette masse informe dans laquelle on peut mettre à peu près n’importe quoi, la seule chose qui compte c’est que ce peuple soit persuadé qu’il faille voter pour ses représentants. Le tout sous couvert de discours vide, sans fondement aucun, prenez n’importe quelle phrase de n’importe quel politicien et constatez à quel point il ne dit rien ‘‘il faut renforcer la sécurité pour lutter contre la menace terroriste’’

Renforcer, c’est-à-dire ? Par quel moyen ?

Sécurité ? C’est quoi ? Qu’est-ce que ça représente de façon quantitative et qualitative ?

Lutter ? Comment lutte-t-on, et qui ?

Menace terroriste, c’est tellement évident qu’on n’a même pas besoin de savoir de qui il s’agit et pourquoi et comment on en est arrivé là, parce que si on réfléchit 2 minutes au fondement du problème, le terrorisme ne vient pas de nulle part et n’est pas arrivé par hasard en France…

‘‘Pour redresser le PIB, il faut diminuer les retraites’’

Redresser, de combien, sur combien de temps ?

PIB, on peut expliquer cette notion ? Le PIB n’est-il pas un moyen plutôt qu’une fin, pourquoi chercher cet objectif à tout prix ? Le PIB c’est comme la vitesse d’une voiture, on part du principe qu’il faut aller le plus vite possible, le problème c’est qu’on n’a pas de destination, en gros on sait pas où on va, mais il faut y aller vite.

Diminuer les retraites, je commente même pas tellement cette simple phrase soulève une page complète de questions, et en pus c’est un non-sens par rapport à la partie sur le PIB.

Bref, c’était juste des exemples pour montrer qu’un discours politique est à l’image d’un atome, invisible à l’œil nu et composé à 99% de vide avec une charge complètement neutre.

Plus de démocratie, mais pas trop quand même :

Les électeurs de Mélenchon ont au moins le mérite d’être drôles, ça demande une assemblée démocratique où le peuple a plus d’importance sur les décisions, et puis le jour des élections où la finance et le nationalisme sont en tête, ça vient râler… Et on veut ouvrir la porte au peuple pour plus de décisions ? C’est un peu paradoxal. L’idée c’est de dire ‘‘oui à plus de démocratie, mais tant qu’elle va dans notre sens’’. Je ne vous raconte même pas les fous rires que j’ai eu le soir du premier tour où des insoumis en colère traitaient Benoit Hamon de tous les noms comme le candidat qui a empêché Mélenchon d’accéder au second tour… Vous êtes géniaux. « Empêchons à d’autres idées de s’exprimer et fusionnons les à notre cause ». Parce que, évidement Hamon a volé les voies de Mélenchon, si les électeurs ont choisi Hamon, ça n’est pas pour des raisons de convictions, c’était juste pour faire chier, et s’il n’y avait pas eu Hamon, ils auraient obligatoirement voté Mélenchon, c’est évident… Et puis tant qu’à faire, si les dix autres candidats ne s’étaient pas présentés, ben ça aurait été plus pratique pour Mélenchon d’accéder au pouvoir. Halala, le culte de la personnalité c’est quand même bien drôle.

De toute façon avec lui c’est pas net depuis le début, la voix du peuple par un seul homme, sérieusement ? Quand on a un discours aussi consensuel et qu’on évite les sujets qui peuvent diviser (comme l’immigration), on ne parle pas de démocratie, mais de démagogie, et ça a l’air de fonctionner en plus ! La seule raison de voter pour lui aurait été son programme pour l’écologie, et encore c’est peine perdue avec le lobby nucléaire qui alimente 80% de l’électricité du pays et qui vient de réinvestir pour 30 dans des centrales, donc passer pour du 100% renouvelable d’ici 2050, c’est juste une immense blague, mais l’intention a le mérite d’être bonne, faut juste se souvenir qu’on vit dans le monde réel et pas celui des programmes ou des promesses de campagne…

En parlant de ça, faisons un petit tour par le vote obligatoire, je ne parle pas de celui qui est en pratique dans les dictatures, mais celui que Mélenchon (mais il n’est pas le seul) avait pour projet de mettre en place. Expliquez-moi l’utilité ou même la nécessité d’un vote obligatoire !! J’ai même envie de dire quelque chose qui en fera tomber de leur chaise à certains, mais on devrait au contraire limiter le droit de vote, je m’explique : pour moi, dire qu’à 18 ans, voir 16, tous les citoyens ont le droit (ou l’obligation) de vote, sans condition, c’est comme décréter qu’à partir de 18 ans, tout le monde peut conduire une voiture sans faire passer le code ou le permis. Alors certains se seront entrainés et auront appris le code et la conduite d’un véhicule, mais les autres vont juste reproduire les comportements qu’ils ont vus et rouler n’importe comment, à ce moment ça sert à rien de savoir conduire. Et le fait de confier le vote à tout le monde sans rien expliquer de comment fonctionne la société et la politique, c’est exactement la même chose. Et ça conduit à la nécessité d’avoir une démocratie représentative dans laquelle on dit aux gens qu’ils ont le pouvoir… Le pouvoir de choisir qui prendra les décisions à leur place.

Et c’est normal, depuis deux siècles on forge ce système et plus le temps avance, plus le monde se complexifie et on continue de maintenir les citoyens dans l’ignorance pour que d’eux-mêmes se disent ‘‘c’est trop compliqué, on est obligé d’élire des représentants’’. La vérité c’est que ces représentants n’en savent pas plus que nous, puisqu’une centaine d’élus a toujours moins de savoir qu’une nation tout entière, et surtout ils ont les mêmes faiblesses que n’importe qui.

Alors si les gens étaient conscients de ça, qu’ils peuvent choisir, qu’ils peuvent comprendre le monde et décider de son évolution, les dirigeants n’auraient plus aucune raison d’exister, mais on ne peut pas se contenter de les enlever comme ça du jour au lendemain en instituant une sixième république ou une démocratie populaire ou je ne sais quoi, car le peuple a été maintenu dans l’ignorance afin qu’il soit impossible de lui laisser prendre le pouvoir, car tant qu’une majorité de personnes est favorable à la peine de mort, la fermeture des frontières et une forme de chacun pour soi et de culture du mérite, une démocratie plus populaire est tout sauf souhaitable (et les élus jouent de ça). Donc aussi dramatique que cela puisse paraitre, je ne suis pas favorable à une démocratie sans représentants, en tout cas dans l’immédiat, je vais développer mon point de vue dans quelques instants, en attendant faisons un petit détour par la case Nietzsche :

Puissance et pouvoir :

Dans nos sociétés on parle beaucoup de pouvoir, de personnes de pouvoir, mais assez peu de puissance, en tout cas c’est un terme qui se rapporte plus à quelque chose de physique qu’idéologique. Laissez-moi vous expliquer la différence entre les deux, vous allez voir, c’est très simple :

Le pouvoir, c’est la capacité de faire faire aux autres ce qu’on désire.

La puissance, c’est la capacité à le faire soi-même.

Aujourd’hui ce qui est important, c’est le pouvoir, c’est le fait d’avoir des gens qui vous obéissent, qui travaillent pour vous et dont vous obtiendrez les choses dont vous rêvez. L’idéal de tout individu c’est cette faculté à ne plus avoir à faire les choses par lui-même, regardez, vous pensez que le PDG de Renault sait comment on fabrique une voiture ? Bon, ironiquement les ouvriers ne le savent pas vraiment eux même puisque toutes les tâches sont segmentées, mais au final c’est plus à eux que revient la puissance de la création.

Le problème du pouvoir, c’est qu’il induit un rapport de force asymétrique, de ce fait, l’ensemble des personnes ne peut pas avoir le pouvoir en même temps, il faut qu’il y ait beaucoup plus de gens ‘‘à diriger’’ que de gens qui ont le pouvoir, sinon rien ne va plus (vous comprenez maintenant pourquoi le slogan ‘‘le pouvoir au peuple’’ me fait marrer), imaginez que vous aillez le pouvoir, mais personne pour vous obéir, un peu comme si vous étiez élu à l’élection présidentielle avec 95% d’abstention… Enfin bref, un raisonnement en terme de pouvoir implique un rapport de force dominant/dominé et une certaine ‘‘oisiveté’’ de la par du dominant, car en fin de compte, avoir le pouvoir signifie d’utiliser les compétences que l’on n’a pas pour son propre profit.

Regardons maintenant du côté de la puissance. Ça demande un peu plus de travail, mais ça implique que ce que vous obtenez dans votre vie dépend de vous et non plus des marchés financiers, des entreprises, de votre patron, des autres… Mais quand est-ce que vous avez déjà ressenti cette sensation de puissance ? Quand est-ce que vous vous êtes dit que ça, ça s’est réalisé grâce à votre initiative et votre travail seul ? Pire, quand est-ce que vous avez été encouragé à faire preuve de puissance ? Être cuisinier c’est bien, être patron d’un restaurant, c’est mieux. Il est là le nœud du problème, on est dans un monde où l’accomplissement d’une chose dépend des autres.

C’est en grande partie pour ça que j’essaye au maximum de suivre ce mode de vie, je réalise ce que je veux voir s’accomplir et ce qui me parle vraiment, je ne veux pas appartenir à une entreprise, même pour un mi-temps et faire perdurer ce système qui créé de l’inégalité, de la misère, d’obéir au pouvoir de quelqu’un ou avoir des personnes sous mon pouvoir. Le monde ne changera pas en allant voter si derrière on continue d’aller bosser pour les grandes entreprises et acheter des produits de merde. Tout le monde met ses espoirs dans les autres pour régler ses problèmes. Vous n’avez pas la vie dont vous rêvez, le salaire auquel vous aspirez ? Et vous pensez que c’est le pouvoir qui va tout résoudre ? Que ce sont les politiques qui vont trouver une solution, que c’est le fait d’avoir plus de clients dans votre entreprise qui va arranger les choses ? Non, la solution elle est à portée de main, mais elle induit un sacrifice.

Ce qui me plait, ce que je veux faire, c’est créer, certains voudront aider, protéger, enseigner, fabriquer etc. Il suffit de savoir ce qu’on veut faire et se demander quelle est la meilleure façon de le faire : celle qu’on imagine, qui nous plait et nous correspond, ou bien celle que le système a mise en place ? Quelle utilité à vouloir transmettre des connaissances, si l’éducation nationale réduit le champ des possibles ? Si nos attentes ne correspondent pas à ce que la société propose, il y a deux options, se résigner, ou essayer de trouver une alternative, et tant que la majorité sera dans la résignation, le monde ne changera pas, et il ne changera encore moins en élisant je ne sais quel révolutionnaire des urnes. C’est triste, mais on accable les politiciens de la responsabilité de ‘‘changer le système’’, alors qu’ils ne servent qu’à le réguler, mais ceux qui ont construit et qui entretiennent le système qu’on déteste tant, c’est nous. Nous qui contribuons à tout ça en travaillant, en consommant, en jouant le jeu du capitalisme, et on va élire des personnes de plus en plus extravagantes pour changer les choses là où les précédents ont échoués (marine et l’autre guignolos prennent la place de l’ancienne droite et gauche). Et quand on va voir que rien n’aura changé, on va les accuser, dire qu’ils n’ont pas été efficaces, sans voir que c’est nous les responsables. C’est nous le chômage, nous les consommateurs, nous les retraités, et eux sont ce qui fait qu’on ne ressent pas le besoin de changer.

Personnellement, j’ai choisi une voix artistique, et même si c’est déjà un chemin marginal, je n’ai pas envie de suivre la voie tracée, de jouer dans un groupe qui me plait pas au moins pour avoir un peu d’argent, d’être intermittent quitte à bosser sur des projets qui ne m’intéressent pas trop juste pour subsister. Aujourd’hui j’ai des projets, des albums, des livres, des vidéos, des pièces de théâtre, une association sur lesquels je bosse sans répit, tous les jours sans exception, pour bien plus que 50 heures par semaine, des projets que j’ai impulsé ou auxquels j’ai voulu participer, des projets qui ne me rapporteront probablement rien (financièrement j’entends) et dont je n’ai pas envie qu’ils me rapportent, j’ai décidé d’être à côté du système d’être auteur de ma vie, et de mettre du charbon dans la locomotive moi-même, d’impulser, de réaliser et diffuser moi-même mon travail et d’utiliser tout mon temps pour pouvoir mettre ça en œuvre au point de ne même pas pouvoir avoir de travail à côté, d’avoir peu de temps libre, j’ai fait le choix de la puissance, et voilà ce que la société offre en retour : être vu comme un assisté, ne toucher aucune rémunération et devoir attendre d’être en âge de toucher le RSA pour avoir mon ‘‘indépendance’’, bosser trois ans sur un livre qui sera lu par 30 personnes, mais c’est pas grave, c’est un choix que je ne regrette absolument pas, et où je me dis que la société n’a pas acheté mes désirs ou ma puissance. Je suis en train de ‘‘réaliser mon rêve’’ et les vôtres sont tout aussi réalisables quel que soit le métier ou le projet de vie auquel vous aspirez. Le jour où tout le monde aura fait le choix de la puissance, ceux qui auront le pouvoir n’auront de contrôle sur rien du tout.

C’est très dur de s’en sortir seul en suivant ce mode de vie (c’est un peu la difficulté que je me suis rajoutée mdr), mais pour peu que vous trouviez d’autres gens dans le même étant d’esprit, se nourrir, se loger et même élever des enfants ne sera plus un problème, il ne faut plus être en concurrence avec les autres, mais dans une logique d’entraide, car la concurrence profite au système.

(PS : Je conçois que c’est sans doute plus facile pour moi d’affirmer tout ça alors que j’ai tous les avantages, je suis un homme, j’ai pas une gueule d’immigré, ni une sexualité marginale, et suis issu d’un milieu plutôt bourgeois, donc oui, j’ai eu un avantage non négligeable dans la vie pour en arriver là, et je serai lu probablement par des gens dans une situation analogue).

La démocratie idéale : Politéia

Je vais conclure en parlant de mon idéal démocratique et de comment l’atteindre, c’est ce que j’appelle politéia, au final vous pouvez appeler ça comme bon vous semble, si vous voulez une explication dessus, j’évoque ça rapidement dans cette vidéo.

On peut clairement avoir une démocratie sans vote et du vote sans démocratie. Le vote n’est qu’un outil, et il ne faut en aucun cas l’associer à la démocratie sans réfléchir et penser que c’est un acquis. Mais pour moi la clé de la démocratie, ce qui permettra de l’atteindre, c’est pas le vote, c’est l’éducation. L’éducation c’est la chose la plus essentielle d’une société démocratique, c’est un pari sur le futur et c’est ce qui permet de nous construire. Et ce qui traduit de façon flagrante le manque de démocratie dans notre pays, c’est cette absence d’éducation. On a peut être tous le droit de vote, ok, mais l’éducation qui permet de comprendre le monde et avoir le savoir critique nécessaire, combien y ont accès ? Tout ce qu’on a ce sont les médias et des courts merdiques d’éducation civique au collège, regardez le nombre de personnes qui vont voter mais qui n’y comprennent rien (je dis ça en y comprenant moi-même pas grand-chose, je ne m’exclue pas de ça, mais l’école, autant que les médias, défendent le système actuel et nous transforment en chien de garde de celui-ci). Démocratie c’est le pouvoir au peuple, et le pouvoir passe non pas par le vote, mais par l’instruction, c’est ça qu’il faut demander et c’est ça pour quoi il faut se battre, et vous allez bien vous rendre compte que la classe politique, si elle peut céder plus de vote aux citoyens, elle ne donnera de la connaissance pour rien au monde, car c’est ça qui permettra de l’évincer.

Je ne crois pas en une révolution comme on a l’habitude de se l’imaginer où le peuple se révolte contre l’autorité et en quelques mois, voire années, le pouvoir s’inverse et le peuple est émancipé de ses dirigeants. Non, si révolution il doit y avoir, elle doit passer par l’éducation, et ça signifie que c’est une affaire d’au minimum une dizaine d’années et personnellement je pencherai plus sur une cinquantaine d’années voir un siècle (j’irai jusqu’à dire qu’une révolution doit être permanente, quand quelque chose est figé, c’est que c’est mort, et une révolution révolue n’est qu’une nouvelle norme à faire disparaitre). Vous comprenez donc que mener une révolution pendant plus de 50 ans, c’est un peu fatigant, mais est-ce impossible ?

Réfléchissez. On se dit qu’on n’est pas en mesure d’organiser une révolution que le monde est trop complexe pour qu’on change la donne, et on attend tous que quelque chose éclate, que les autres impulsent une révolution. Honnêtement, vous n’avez pas cette sensation de dire ‘‘si un jour les gens se soulèvent, je soutiendrai le mouvement’’, sauf que si tout le monde pense comme ça, ça ne partira jamais les cocos. Et donc je fais appel à l’idée de puissance précédemment évoquée, si vous menez votre révolution seul, ça ne changera pas le monde, mais si tout le monde fait la même chose… Tiens, tout de suite c’est plus pareil. C’est un peu l’histoire du colibri qui va porter des goûtes d’eau sur l’incendie qui ravage sa forêt, son action est insignifiante, mais le jour où les autres animaux se rendent compte qu’au lieu de le regarder en se disant que c’est stupide, ils apportaient leur goutte d’eau, là il se passerait quelque chose.

Cette révolution par l’instruction ne passera pas par un homme, par une institution républicaine, par un groupe politique ou anarchiste, non, on a pas besoin de ça, ça passera par vous. Si chacun commence à partager librement ses savoirs à inculquer des valeurs humanistes à ses enfants et son entourage et qu’une forme ‘‘d’éducation populaire’’ à la question démocratique se développe, que les gens créent des structures à leur image plutôt que des entreprises qui ne visent que la rentabilité, on va lentement aller vers cette société.

Mais il faut être conscient que dans le monde dans lequel on vit, il ne faut pas attendre une révolution qui sortirait de nulle part et que les choses changeraient en une paire d’années, n’attendez pas que les autres fassent la révolution pour commencer la vôtre, car aujourd’hui on a malheureusement besoin de ce système pourri de représentants qui abusent de leur pouvoir comme garde-fou, mais vous croyez que les choses vont changer comment ? En s’insurgeant ? En attendant qu’un politicien change la donne ? Que les dirigeants décident d’eux-mêmes de concéder le pouvoir ? Non. Le changement n’arrivera que si vous le voulez et faites en sorte qu’il se produise. C’est une capacité qu’on a déjà et qu’on a toujours eu, mais qu’on n’a jamais utilisé, alors on a qu’à s’y mettre.

Et à partir du jour où vous comprendrez tout ça, le FN ne sera bon qu’à vous faire marrer. Qu’elle soit élue Marine, ça ne changera rien à ma vie, elle n’a aucun pouvoir sur moi, et moi j’ai le pouvoir de l’ignorer. Refusons la démocratie du chacun pour soi et de la tyrannie de la majorité, et allons vers une politéia où l’on serait capable de renoncer à certaines choses pour le bien de l’ensemble des personnes plutôt que celui des entreprises et du profit.

Et si vous n’êtes toujours pas d’accord, vous pouvez quand même aller voter pour le futur président et fièrement dire que vous avez dit non au FN, mais oui à l’oppression dirigeante qui va se perpétuer, encore, et encore…

Publié dans dossier, la société

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

derniers trucs
Catégories
%d blogueurs aiment cette page :