L’album de 2017

« Sortez vos crayons de couleur, oui voilà oui, Berniste Nolan Hubert.

Cette disquette va devenir l’hymne de la jeunesse perdue. »

 

Lien vers l’album

Le paysage musical actuel s’apparente à une grande traversée du désert, il n’y a pas d’artiste vraiment marquant, ni de chef d’œuvre contemporain. Chaque style tourne en boucle sans chercher à innover, sans vouloir élever la musique, l’art, bref l’humanité. La musique soufre des principes que l’oligarchie dominante a institutionnalisé à ses dépens, et ce à travers un mécanisme abscons, mais néanmoins normalisé d’assimilation culturelle et d’effacement des classes au profil d’une capitalisation toujours grandissante des possédants.
Alors, à qui appartient la relève ? Le pouvoir de changer les choses ? Et bien ce sont les indépendants qui sont les vrais mercenaires à qui l’on devra la prochaine étape de l’histoire de la musique que le grand public n’apercevra que dans un siècle.

En attendant, j’ai la chance, de mon vivant, d’être au première loges pour découvrir un chef d’œuvre, un vrai, de ceux qui marqueront l’humanité et qui serviront de fondations pour des artistes qui ne sont même pas encore nés ! Vous l’aurez compris, je parle ici de la disquette de Berniste Nolan Hubert, une claque comme jamais je n’en ai reçu.

Véritable ode à Montpellier la rebelle, l’auteur nous rappelle ses origines, mais il ne se cantonne pas à ces dernières puisque le propos (bien qu’en français) est totalement universaliste, à la fois ancré dans son époque, mais aussi très intemporel.

La disquette s’ouvre avec le désormais culte ‘‘je peux me le permettre’’ qui pose les bases. Berniste s’adresse à ceux qui le connaissent pas : Ca n’est pas n’importe qui, il y a les lois, il y a dieu, les règles physiques qui régissent notre univers, et au-dessus il y a Berniste. Il n’a pas besoin de vous pour avoir du succès, et ça, aucun autre artiste subversif ne peut l’affirmer haut et fort. Dès ce premier titre, les oreilles non initiées se retrouveront en PLS, et ça n’est pas fini…

Puisque ‘‘annonce le même à Fillon’’ vient après et va mettre en sueur n’importe quel auditeur. Même les sourds retrouveront l’ouïe le temps de ce morceau pour se mettre en PLS puis redevenir encore plus sourd qu’avant. Flow soutenu et instru lourde, peu d’effets, et Berniste n’en a pas besoin, la force des textes et de la voix suffisent à écraser n’importe quel mix moderne, une fois de plus le fond l’emporte sur la forme (qui pourtant n’est pas en reste !).

Le morceau qui suit nous laisse à peine nous remettre de nos émotions, il s’agit d’un titre plus intimiste, mais il donne des tatanes quand même : Palavas. On sent le quotidien difficile de l’artiste qui veut nous le faire partager. Même une recette de salade méditerranéenne sonne comme une punchline. A ce propos, je vous signale une chose importante : cet album s’écoute en effectuant du dab. La musique prend alors une dimension nouvelle, à chaque punchline de Berniste, faites un dab (ou deux pour les plus téméraires), et je vous promets que vous aurez des courbatures aux bras le lendemain, beaucoup ne s’en sont jamais remis…

Et c’est surement à cause du morceau qui vient : Avenue des kébabs. Si tout l’album sonne comme un chef d’œuvre, ce titre est clairement celui qui domine tout le reste de mon point de vue. Il s’agit d’un pur retour aux sources : kébab qui renvoie à la Mésopotamie, berceau de l’humanité, mais également la phrase ‘‘c’est la base’’, et enfin il dénonce l’utilisation abusive de ceux qui emploient le terme ‘’grec’’ pour qualifier un kébab, une vive critique des dérives des nouvelles générations. Ce titre est massif, déconcertant, qui critique également la conjecture économique et la société capitaliste actuelle (7 euros le kébab putain).

Je ne vais pas vous résumer tout l’album, vous avez saisi le principe, on passe d’un son nuageux, à un trip égocentrique, chanson en anglais, ou même une comptine pour enfants. Berniste a réussi l’exploit de me faire pleurer en plein dab dans le très émouvant ‘‘poursuis cette piste aujourd’hui’’.

Enfin, cette disquette c’est aussi une ode à la grande Corée et son leader Kim, morceau disponible en deux versions pour un final apocalyptique.

Subversivité tenue jusqu’au bout, l’auteur il n’hésite pas à télécharger illégalement ses instrus et insulter leurs auteurs, l’humiliation est complète.

Ce sont toutes les émotions humaines qui sont condensées dans cette disquette, et même de nouvelles émotions ont été inventées spécialement pour ce chef d’œuvre. Autant vous dire qu’il sera très difficile de surpasser une création pareille, des lyrics à leur interprétation en passant par l’instru, tous les éléments semblent réunis pour avoir fait atteindre l’état de grâce à Berniste.

ma note : Infini/20

Même en PLS vous continuerez de daber…

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