Reflets et échos

Liés, on s’entre lasse en entrelacs, pris au piège dans la toile. Une toile si douce, enivrante, devenant un cocon, un lien aux autres, tissée en fil sans fil, une prison de verre, en apparence clairière.

Le mur ne sépare plus, mais rassemble, il est infini, indéfaisable, un ciel dépourvu d’horizon. Alors on s’entoure de murs pour être ensemble. Plus jamais seul, non. Plus d’attente, de distance, l’univers se réduit, tout est à portée de doigt, mais c’est encore trop loin, encore trop lent.

À défaut de monde sans machine, voilà une machine sans monde, où tout est accessible. Passé de présent à omniprésent, je vois le monde comme je le veux, rempli de filtres et de miroirs. Il n’y a plus de nous, unité plurielle, mais un ensemble de je, océan divisé en gouttes. La réalité est devenue désir, restons ensemble jusque dans la solitude, immobiles dans un espace infini, rapprochons-nous, encore, que nous devienne je.

« Je suis ton univers, nous en somme la maille.
On s’accroche par le fil de nos pensées,
Des nœuds deviennent nounous
Dénouent en eux le nous. »

Heureux lac aux reflets d’émois, je me découvre une nouvelle nature. Celle de miroir, d’image de l’autre plus que de moi, dispersée aux quatre vents en huis clos, transformant le corps en core. La fibre qui me traverse est tienne, à nous tous nous ne sommes qu’un, je me sens vif et clair, foudre au sang, en traversant le monde, du moins, au plus.

Ego. Echo de l’écho, éco. Echo de moi, écoute moi, écho arroi, encore écorché n’est qu’aux abois, en étau enclos, d’écorce éclos l’écho se clôt.

L’instant, le fragment, discontinu et permanent, a pris la place du temps, brisé sa surface polie en mosaïque d’atomes. Un futur, un passé, mais plus de présent. D’invention à recyclage et d’individu à image, tu disparais sur l’ondulation pendulaire de l’ombre de choc d’un temps impondérable. Ecran de marbre, le mur est stèle, il se verrouille, alors on le caresse, toujours dans le sens du pixel, et le miroir devient fenêtre. Tu peux fermer les yeux, et continuer de voir, tu peux te souvenir à l’infini, discuter en silence et permanence, et tu peux ressentir. Alors ressens.

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